Étang St-Paul-Septembre 2012

Un grand merci aux contributrices dont Pilou, Françoise, … pour leurs photos.
C’est un groupe encore élargi qui se retrouve au portail de l’entrée de la Réserve Nationale Naturelle, dont on pourra se faire une idée en consultant ce document  et en cliquant  ici.
Fabrice l’éco-garde est arrivé très tôt et part organiser la sortie. Puis arrive Nicolas et les kayaks qui rejoint Fabrice tandis que l’on attend les derniers arrivants.
Le groupe s’engage alors dans la magnifique allée conduisant au bord de l’étang : c’est toute la magie des anciens domaines de Bourbon qu’évoquent ces grands arbres alignés.
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Allée cocos Photo de Pilou

Arrivés à l’embarcadère, nous aidons à installer kayaks, gilets et pagaies puis Nicolas nous fait les recommandations nécessaires à la navigation. Fabrice présente ce milieu naturel protégé selon le principe maintenant répandu d’une périphérie ouverte au public et d’un cœur totalement protégé en théorie. La création de la Réserve remonte à 2008 à une époque où les eaux de l’étang avaient un niveau plus élevé que maintenant. L’embouchure ayant été dégagée à l’occasion d’un épisode très pluvieux les eaux ont baissé et les anciens occupants des terrains dégagés ont demandé à les récupérer. On retrouve ici le problème récurrent du cadastre et des questions qu’il soulève.
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Commencent alors les travaux d’embarquement où chacun se positionne en fonction de son expérience nautique ou de ses appréhensions aquatiques.
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Photo de Pilou
La flottille s’éparpille le long du canal et finit par se regrouper. Les explications botaniques se perdent un peu dans l’euphorie communicative de la découverte d’un exceptionnel milieu naturel par des moyens non conventionnels : nous ne cesserons de remercier Christine qui a tout orchestré sans oublier Nicole qui a assuré.
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Photo de Françoise Lemblin 
Nous retiendrons à ce stade la présence de laitues (28 Pistia stratiotes Laitue d’eau ARACEE pantropicale) et de jacinthes (9 Eichhornia crassipe Jacinthe d’eau PONTEDERIACEE Amérique du Sud) déjà observées à l’embouchure de l’Étang, au ras de l’eau, derrière lesquelles se dressent les persicaires (25 Persicaria poiretii Persicaire POLYGONACEE endémique M), puis les houppes des papyrus (8 Cyperus papyrus Papyrus CYPERACEE Afrique, Madagascar), où parfois se hissent les lianes de sept ans (Ipomoea cairica Liane de sept ans CONVOLVULACEE paléotropicale) dont les fleurs mauves évoquent le liseron. Partout les songes noirs (4 Colocasia esculenta Songe ARACEE Pacifique ?). Et en cherchant bien au milieu des laitues, on finit par trouver de minuscules feuilles de lentille d’eau (19 Lemna aequinoctialis Lentille d’eau ARACEE cosmopolite).
La flottille retrouve un groupe de manœuvres partis dégager le canal des envahissantes jacinthes. Nous les saluons au passage. Mais plus loin après avoir rejoint un autre canal de l’étang, la végétation flottante arrêtera définitivement notre progression. Retour.
Ayant retrouvé la terre ferme, nous aidons à ranger le matériel avant de reprendre nos explorations botaniques. Un superbe Talipot “Le Guelte” d’une dizaine d’années nous attend. Lorsqu’il fleurira, son tronc sera formé et son aspect aura changé. ??? L’arbre pour l’instant nous sert d’arrière-plan pour de nombreuses photos du groupe.
Dans la végatation dense nous retrouvons de jeunes et difficilement reconnaissables Totos Margot. Dans les herbes alentour sont repérés des Zerbes tombées (rouges, à ne pas confondre avec l’herbe tombée des services malbars), des Zerbes à bouc (froissées, les feuilles dégagent une forte odeur de bouc), des Zerbes de l’eau (Commelina diffusa (Petite) herbe de l’eau COMMELINACEE Afrique), et un Héliotrope scorpoïde ??? .
Au-dessus de nous un Ylang-ylang en fleurs et plus loin un Latanier ou Palmier fontaine (Livingstonia je présume, mais je présume mal puisqu’il s’agit du Livistona chinensis (Jacq.) R. Br. ex Mart.) côtoient des Movas ou Ibiscus de bord’mer.
Un Thevetia peruviana permet quelques rappels anatomiques et vernaculaires.
Un pied de Bois malgache est l’occasion de rappeler que cet arbre servait à la confection de manches d’outils.
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Voune
Nous retournons par l’allée des cocotiers flanquée de chaque côté d’un petit canal où nous découvrons de nouvelles plantes et plantules. À côté des omniprésentes tiges de Voune (18 Juncus effusus Jonc JUNCACEE indigène ?) qui servent à l’empaillage des chaises du Gol, il y a là de la Canne maïs qui elle sert à l’alimentation du bétail, ainsi que de hautes tiges de Fataque millet, et des spécimens d’Indigo café.

Dans la profusion végétale alentour sont repérés des exemplaires d’herbe tam tam (13 Hydrocotylebonariensis Herbe tam-tam ARALIACEE paléotropicale) alias Ombilic de Vénus, des fougères de l’eau, de grimpantes Lianes de sept ans (15 Ipomoea cairica Liane de sept ans CONVOLVULACEE paléotropicale) et leurs fleurs pareilles au liseron, mais de couleur mauve, et des Lianes zano (Thunbergia xxx ???) dont la graine ??? permet de faire une boucle d’oreille végétale.
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Sur l’eau ou à ses abords, des fougères flotantes (32 Salvinia molesta SAVINACEE Amérique tropicale Fougère flottante IMG 0030) (ci-dessus) dont nous retrouverons les congénères dans un autre canal aux abords du stade où nous allons pique-niquer, face à la maison du « colom » (commandeur et non colon), belle bâtisse de basalte qui devait autrefois présider aux destinées d’un domaine mais dont les fenêtres et autres ouvertures sont désormais murées.
En fait, le document proposé en consultation au début de ce compte-rendu en haut de page précise que :
La Grande Maison de Savanna a été construite vers la deuxième moitié du XIX ème siècle.
Cette maison qui se trouve à l’arrière de l’usine servait à l’origine de logement à son directeur. C’est une grande bâtisse à un étage dont la toiture, d’abord en bardeaux, a été remplacée par des feuilles de tôle après le cyclone de 1948. Depuis cette date, la Grande Maison a servi d’entrepôt de stockage du sucre, la plupart des fenêtres ont été murées et l’ensemble n’est plus entretenu.
Un parc et 3 viviers jouxtaient la maison. Les poissons comestibles qui étaient élevés dans ces viviers permettaient de nourrir les propriétaires et le personnel de l’usine.
Ainsi de l’autre côté de l’allée, nous pouvons distinguer trois grandes dépressions. Ces dépressions correspondent à l’emplacement des anciens viviers. Les viviers contenaient des espèces souvent déjà présentes dans l’Etang de Saint-Paul. Cependant certaines espèces provenant d’autres îles ont été élevées ici comme les gouramiers (Osphronemus goramy), une variété assez rare de poissons de rivière.
En nous rendant du parking à l’ère de pique-nique, nous avons trouvé trois magnifiques spécimens, l’un de kapokier, l’autre de Bois noir et enfin un arbre à chewing gum (???) dont le nom scientifique pose problème. Quelques Pongames etMalayes sont espacés le long du chemin. Le Malaye (Morinda citrifolia Malaye RUBIACEE Exotique) alias nono est une plante qui a connu un certain succès quand le chikungunya a frappé l’île car le jus que l’on en tire est censé avoir des vertus curatives  (Photo M.S.). Les fruits dégagent une puanteur abominable. Les tortues en raffolent.
Fabrice qui a toujours répondu avec une extrême amabilité à nos questions nous fait part des aléas de la réserve. Un épisode cyclonique a permis aux écrevisses d’Australie de l’élevage voisin de ganger l’étang où elles font des ravages. Il nous raconte qu’un jour alors qu’avec ses collègues ils ramenaient un filet pris aux braconniers dont une partie traînait dans l’eau, ils ont constaté une fois à terre que les poissons pris dans le filet avaient été cisaillés par les pinces des crustacés. Fabrice nous parle encore de sa mission d’éducation auprès des scolaires et des progrès dans la sensibilisation du public et des populations vivants aux abords de l’étang aux menaces qui pèsent sur un milieu naturel exceptionnel par sa richesse et chargé d’histoire. Nous saluons son implication et son dévouement.

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