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Le moment le plus dangereux pour l’humanité depuis la crise des missiles cubains

Le moment le plus dangereux pour l’humanité depuis la crise des missiles cubains
07 OCTOBRE 2013 |  PAR MILOO

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La piscine de combustibles usés de l’unité n°4

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Note: Ne pas oublier de lire les commentaires qui apportent des précisions sur la véracité de cet article.
Nous sommes actuellement à deux mois du moment le plus dangereux peut-être pour l’humanité depuis la crise des missiles cubains.
Il n’y a aucune excuse à ne pas agir. Toutes les ressources que notre espèce peut rassembler doivent se focaliser sur la piscine de l’unité 4 de Fukushima.
Le propriétaire de Fukushima, Tokyo Electric (Tepco), dit que d’ici 60 jours va commencer une tentative pour enlever plus de 1300 barres de combustible usagé d’une piscine en très mauvais état perchée à 30 mètres du sol. La piscine repose sur un édifice sévèrement endommagé qui penche, s’enfonce et qui pourrait facilement s’effondrer avec un autre séisme, si ce n’est pas de lui-même.
 
Pour un regroupement international visant à donner les moyens à Tepco et au Japon de résoudre cette crise, vous pouvez signer la pétition ici : http://www.nukefree.org/crisis-fukushima-4-petition-un-us-global-response
 
Les quelques 400 tonnes de combustible de cette piscine pourraient libérer 15.000 fois plus de radiations qu’Hiroshima.
Une chose est sûre concernant cette crise, c’est que Tepco n’a les ressources ni scientifiques, ni techniques, ni financières pour la gérer. Pas plus que le gouvernement. La situation demande un effort mondial coordonné des meilleurs scientifiques et ingénieurs que notre espèce peut rassembler.
Pourquoi est-ce aussi sérieux ?
Nous savons déjà que des milliers de tonnes d’eau largement contaminée s’écoulent sur le site de Fukushima, entraînant un brouet diabolique d’isotopes à longue vie vers le Pacifique. Des thons irradiés par des retombées imputables à Fukushima ont déjà été pêchés au large de la Californie.
Nous pouvons nous attendre à bien pire.
Tepco continue à déverser toujours plus d’eau sur un site proche de trois cœurs de réacteur en fusion qu’il doit continuer à refroidir coûte que coûte. Des panaches de vapeur indiquent qu’une fission pourrait se poursuivre quelque part en souterrain. Mais personne ne sait exactement où se trouvent exactement ces coriums.
Une grande partie de cette eau irradiée se trouve maintenant dans un millier d’immenses mais fragiles réservoirs qui ont été assemblés à-la-va-vite et éparpillés autour du site. Plusieurs fuient déjà. Ils pourraient tous être fracassés par un prochain séisme, libérant des milliers de tonnes de poisons permanents dans le Pacifique.
L’eau qui coule à travers le site déstabilise aussi les structures subsistantes de Fukushima, dont celle supportant la piscine de l’unité 4.
Plus de 6000 assemblages de combustible reposent dans la piscine commune à juste 50 mètres de l’unité 4. Certains contiennent du plutonium. La piscine ne possède aucun confinement au-dessus. Elle est vulnérable à une perte de refroidissement, à l’effondrement d’un bâtiment proche, à un autre séisme, à un autre tsunami.
Au total, plus de 11.000 assemblages de combustible sont dispersés sur le site de Fukushima. Selon Robert Alvarez, expert de longue date et ancien responsable du département de l’énergie, il y a 85 fois plus de césium léthal sur le site qu’il n’y en a eu de libéré par Tchernobyl.
On continue de trouver des « points chauds » de radioactivité un peu partout au Japon. On entend parler d’une intensification des taux de problèmes thyroïdiens parmi les enfants de la région.
Dans l’immédiat, l’essentiel est que ces barres de combustible doivent sortir de la piscine de l’unité 4 dès que possible.
Juste avant le séisme et le tsunami du 11 mars 2011 qui ont détruit le site de Fukushima, le cœur de l’unité 4 avait été enlevé pour maintenance et rechargement de routine. Comme quelques deux douzaines de réacteurs aux US et d’autres biens trop nombreux dans le monde, la piscine conçue par General Electric dans laquelle repose aujourd’hui le cœur se trouve à 30 mètres en l’air.
On doit toutefois garder immergé le combustible usagé. C’est son revêtement, un alliage de zirconium, qui s’enflammerait spontanément s’il était exposé à l’air. Longtemps utilisé dans les ampoules de flash des appareils photos, le zirconium brûle avec une flamme chaude extrêmement vive.
Toute barre exposée émet suffisamment de radiations pour tuer en quelques minutes quiconque se trouve à côté. Un embrasement pourrait obliger tout le personnel à quitter le site et rendrait inopérable la machinerie électronique.
Selon Arnie Gundersen, ingénieur depuis 40 ans dans l’industrie nucléaire pour laquelle il fabriquait autrefois des barres de combustible, celles du cœur de l’unité 4 sont inclinées, endommagées et fragilisées au point de s’effriter. Les caméras ont montré d’inquiétantes quantités de débris dans la piscine, qui est elle-même endommagée. [Dans une interview, Arnie disait : « Ils ont admis que tout le bore s’était désintégré. Cela peut enclencher une réaction en chaîne nucléaire si les barres arrivent en contact les unes des autres dans la piscine. »]
Les risques techniques et scientifiques pour le vidage de la piscine de l’unité 4 sont spécifiques et redoutables, dit Gundersen. Mais ce doit être fait avec 100 % de perfection.
Que la tentative échoue, les barres pourraient se retrouver exposées à l’air et prendre feu, dégageant d’horribles quantités de radiations dans l’atmosphère. La piscine pourrait même s’écraser au sol, déversant les barres dans un tas qui pourrait entrer en fission et peut-être exploser. Le nuage radioactif qui en résulterait menacerait la santé et la sécurité de nous tous.
La première retombée de Tchernobyl en 1986 a atteint la Californie en dix jours. Fukushima en 2011 est arrivé en moins d’une semaine. Un nouvel incendie de l’unité 4 déverserait un flot continu de poisons mortels radioactifs pendant des siècles.
L’ancien ambassadeur Mitsuhei Murata dit que des rejets à grande échelle de Fukushima « détruiraient l’environnement mondial et notre civilisation. Ce n’est pas compliqué, ça dépasse tout débat sur les centrales nucléaires. C’est un problème de survie humaine. »
Ni Tokyo Electric, ni le gouvernement du Japon ne peuvent faire cela tout seuls. Il n’y a aucune excuse au déploiement concerté d’une équipe coordonnée des meilleurs scientifiques et ingénieurs de la planète.
Nous avons tout au plus deux mois pour agir.
Pour le moment, nous envoyons une pétition aux Nations-Unies et au président Obama pour mobiliser la communauté mondiale scientifique et technique afin qu’elle prenne en charge Fukushima et le travail de la mise en sécurité de ces barres de combustible.
Vous pouvez signer la pétition à : http://www.nukefree.org/crisis-fukushima-4-petition-un-us-global-response
Si vous avez une meilleure idée, donnez-y une suite s’il vous plaît. Mais faites quelque chose et faites-le maintenant.
Partagez cet article le plus largement possible et faites tourner la pétition. 
L’heure tourne.
 
http://lesmoutonsenrages.fr/2013/08/19/le-prochain-enlevement-du-combustible-du-reacteur-4-de-fukushima/
http://www.nukefree.org/editorsblog
http://www.globalresearch.ca/humankinds-most-dangerous-moment-fukushima-fuel-pool-at-unit-4/5350779
 La roadmap de tepco (http://www.tepco.co.jp/en/nu/fukushima-np/roadmap/images/t120730_03-e.pdf):
 
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TOUS LES COMMENTAIRES
10/10/2013, 17:37 | PAR MICHEL DE PRACONTAL
L’accident de Fukushima, le plus grave survenu dans l’industrie nucléaire depuis celui de Tchernobyl, a été abondamment traité par Mediapart, avec un souci constant de rapporter une information aussi précise et exacte que possible. Il n’est pas question ici de minimiser les conséquences de Fukushima. Mais le billet ci-dessus est truffé d’erreurs, d’inexactitudes, d’approximations, d’extrapolations et d’exagérations qui donnent de la situation une image confuse et trompeuse. Or celle-ci est suffisamment préoccupante en elle-même pour qu’il ne soit utile ni de la caricaturer, ni de la déformer. Quelques points importants doivent être soulignés en priorité :
• Le problème de la piscine du réacteur n°4 n’a rien de nouveau. Il a été considéré dès le début de l’accident, par Tepco comme par l’autorité nucléaire japonaise, comme l’un des principaux points à traiter. C’est pourquoi l’évacuation des combustibles usés contenus dans cette piscine est considérée comme prioritaire.
• L’opération consistant à retirer ces combustibles pour les placer dans un lieu plus sûr est assurément complexe et demande de nombreux préparatifs. Cette opération est censée débuter en novembre, si toutefois Tepco réussit à respecter sa feuille de route, ce qui n’est pas certain.
• Depuis 2011, des informations alarmantes concernant cette piscine ont circulé. Elles ont été principalement relayées par un certain Arnie Gundersen, présenté dans le billet ci-dessus comme un ingénieur du nucléaire ayant 40 ans d’expérience, ce qui ne correspond pas à la réalité. Gundersen n’a pas travaillé dans l’industrie nucléaire depuis 1990 et son expérience des réacteurs nucléaires se limite à s’être occupé d’un réacteur de recherche au Rensselaer Polytechnic Institute. Il n’est donc pas un expert très qualifié de la production d’électricité nucléaire. Les prédictions dramatiques de Gundersen ne se sont pas réalisées jusqu’ici, et le combustible de la piscine n°4 est moins actif qu’il y a deux ans.
• L’affirmation selon laquelle les gaines de zirconium qui protègent les barres de combustible s’enflammeraient spontanément si elles étaient exposées à l’air libre est fantaisiste. Le zirconium est inflammable à l’état de poudre mais l’alliage qui constitue les gaines de combustibles est stable et résiste à la corrosion, c’est pour cela qu’il a été choisi. L’auteur du billet semble confondre le zirconium et le sodium. 
• L’idée que les combustibles de la piscine n°4 pourraient déclencher une catastrophe suffisante pour menacer la survie de l’humanité est un pur non-sens. Même si ces combustibles libéraient une quantité importante de radioactivité dans l’environnement, elle serait de toute façon inférieure à celle qui a déjà été relâchée pendant les premiers jours et semaines de l’accident.
• Pour autant, la situation n’est assurément pas sous contrôle à Fukushima, contrairement à ce qu’a affirmé le premier ministre japonais, Shinzo Abe. Le problème actuellement le plus préoccupant est l’accumulation de centaines de milliers de tonnes d’eau radioactive dans des réservoirs dont l’étanchéité et la résistance n’est pas garantie. Ce problème n’est pas résolu et occupe beaucoup Tepco depuis plusieurs mois, de sorte que le retrait des éléments combustibles de la piscine n°4 pourrait être retardé.
En résumé, Fukushima est une crise grave, non résolue, qui justifie largement l’arrêt du nucléaire au Japon. Mais ce n’est ni la fin du monde, ni celle de l’humanité, ni le moment le plus dangereux depuis la crise de Cuba, et les extrapolations apocalyptiques ne contribuent certainement pas à éclairer le débat sur le nucléaire.   
Les lecteurs intéressés sont invités à se reporter aux articles en lien ci-dessous : http://www.mediapart.fr/journal/international/230813/fukushima-cette-crise-que-le-monde-voudrait-oublier
http://www.mediapart.fr/journal/international/160712/fukushima-le-rapport-qui-change-tout
http://www.mediapart.fr/journal/international/060611/fukushima-lagence-japonaise-de-surete-nucleaire-revise-les-retombees-la
 

12/10/2013, 12:29 | PAR MILOO EN RÉPONSE AU COMMENTAIRE DE MICHEL DE PRACONTAL LE 10/10/2013 À 17:37
Merci de toutes vos précisions. Je ne faisait que relayer cet article et il semble effectivement qu’il soit trop alarmiste. Il n’empêche que la pétition sera utile car il semble bien que Tepco et le gouvernement Japonais ne soient pas en mesure de contrôler cette crise de façon satisfaisante.
Il était peut être nécéssaire d’alerter l’opinion en tapant fort? Mais vous avez raison que crier au loup avec de mauvais argument déssert la cause anti nucléaire plutot que de la servir.

11/10/2013, 16:58 | PAR LOISCARIE
Ce n’est pas grand chose, mais si vous souhaitez avoir plus de signatures pour cette pétition, placez-là en haut de votre article avec un gros bouton « Signer la pétition ».

13/10/2013, 12:58 | PAR STEPHANG
Merci beaucoup Michel de Précontal pour vos précisions éclairées … à la fin de l’article, j’étais persuadé que nous allions tous ensemble connaître la fin de l’Histoire.
Bazar,  quel stress ! … je ne suis pas sûr que nous ayons besoin de cela.
Y-a-t-il quelques intérêts derrière tout cela ? lesquels ?
Est-ce que le journal doit garder de tels post de blog ?
D’ailleurs vous devriez séparer graphiquement la maquette du site entre journal et blogs. C’est parfois confus.

France Fracking Ban Upheld After Challenge From Energy Giant

France Fracking Ban Upheld After Challenge From Energy Giant

Reuters  |  Posted: 10/11/2013 5:57 am EDT

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By Emile Picy and Michel Rose

PARIS, Oct 11 (Reuters) – France’s constitutional council rejected on Friday a challenge to a law banning hydraulic fracturing for exploration and production of the country’s shale gas and oil.

The ruling is a boost for President Francois Hollande, who has opposed the technology alongside ecologist Greens in his ruling coalition – to the dismay of some allies who believe France is sacrificing access to a cheap source of energy.

U.S-based firm Schuepbach Energy had challenged on four counts a ban introduced in 2011 due to potential risks to the environment, which led to two of its exploration permits being cancelled in southern France.

« The constitutional council threw out these four complaints and ruled that the disputed components of the July 13, 2011 law comply with the constitution, » the court said in a statement.

The Constitutional Council, made up of judges and former French presidents, has the power to annul laws if they are deemed to be unconstitutional.

France’s Energy Minister Philippe Martin said the ruling meant the law banning fracking, in which pressurised water, chemicals and sand are pumped underground to release gas trapped in shale formations, was now safe from other legal challenges.

« It’s a legal victory, but also an environmental and political one, » Martin said at a news briefing.

The U.S. Energy Information Administration (EIA) estimates shale gas reserves worth five trillion cubic meters could lie in French soil, mainly in the Paris basin and the Rhone valley – equivalent to 90 years of current French gas consumption.

However, it had not been possible to confirm those estimates because of the ban on hydro-fracking. Other countries such as Poland saw its hopes for shale gas fade after three international firms quit after disappointing drilling results.

So-called fracking was banned in France under former President Nicolas Sarkozy on concerns it could pollute groundwater and trigger earthquakes, bringing to a halt the nascent shale oil and gas industry in France.

Jean-Louis Schilansky, head of France’s oil industry lobby UFIP said it was key for the government to fully implement the law, which includes an article asking for a commission to assess the progress of fracking technologies.

After France put the ban in place, Schuepbach Energy said it had no alternative way to carry out the exploration, which led to the suspension of its two permits in the south of France.

French oil major Total is still awaiting a ruling after it separately appealed at the end of 2011 the government’s decision to ban its own exploration permit by the southeastern town of Montelimar.

Industry Minister Arnaud Montebourg stirred debate earlier this year when he suggested creating a state-backed company to examine alternative exploration techniques. (Additional reporting by Marion Douet; writing by Muriel Boselli; editing by Mark John and James Jukwey)

France Fracking Ban Upheld After Challenge From Energy Giant
http://www.huffingtonpost.com/2013/10/11/france-fracking-ban_n_4083418.html?utm_hp_ref=green

La centrale du Port-Est inaugurée – Orange – Ile de la Réunion

La centrale du Port-Est inaugurée

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centrale thermique de Port-Est
EDF a inauguré ce vendredi 11 octobre 2013 la centrale du Port-Est. Depuis la fin 2012, ses 12 moteurs, fonctionnant au fioul, ont progressivement pris le relais de ceux de l’ancienne usine du Port-Ouest. Cette dernière a été définitivement arrêtée le 18 avril 2013.
D’une puissance de 210 MW, la centrale du Port-Est a été construite afin de remplacer le site de production du Port-Ouest, qui a fourni de l’électricité pendant plus de 50 ans. Son rôle : faire face à la croissance structurelle de la consommation d’électricité des Réunionnais et répondre aux besoins de l’île constatés dans la Programmation pluriannuelle des investissements arrêtée par l’Etat.

À noter que le groupe EDF a investi 500 millions d’euros pour ce nouveau moyen d’électricité.

La centrale du Port-Est inaugurée – Orange – Ile de la Réunion
http://reunion.orange.fr/news/reunion/la-centrale-du-port-est-inauguree,680358.html